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Le SIEL de Casablanca, l'un des plus grands salons du monde
Le Salon international de l'Edition et du Livre (SIEL), qui se tient à Casablanca jusqu'au 22 février courant sous le signe "Au Royaume du Livre", est "l'un des plus grands salons dans le monde", a affirmé samedi l'ancien ministre français de l'Education et de la Culture, M Jack Lang.
Dans une déclaration à la MAP à l'occasion de sa participation à une table-ronde organisée dans le cadre des activités du SIEL, M. Lang s'est dit impressionné par l'ampleur et la qualité de ce salon, qui réunit des centaines d'exposants et éditeurs d'une quarantaine de pays autour des thématiques de la création et l'édition.
"Je suis impressionné par l'ampleur et la qualité de ce majestueux lieu et espace proposant aux visiteurs une riche panoplie d'ouvrages de tous les courants et pensées universelles", a-t-il ajouté.
Cette manifestation est un vecteur d'échange et de brassage culturel eu égard au nombre important des exposants venant de l'Afrique, d'Europe, du monde arabe, d'Asie et d'ailleurs, a-t-il ajouté.
"C'est un événement culturel à vocation internationale et je suis extrêmement heureux d'être invité à ce salon", a-t-il souligné.
M. Jack Lang, qui est venu au SIEL pour animer une table-ronde consacrée à la thématique de la relation entre la politique, la culture et la liberté, a affirmé que "la politique de la culture sous les régimes totalitaires était un instrument de propagande et parfois d'oppression".
"Les artistes, créateurs et intellectuels ne pouvaient survivre que s'ils étaient totalement au service des Etats totalitaires", a-t-il relevé.
Toutefois, "l'ex-régime soviétique n'était pas totalement négatif pour le développement des bibliothèques, des universités et de la cinématographie", a lancé M. Jack Lang.
Aujourd'hui dans les pays démocratiques, la question de la relation entre la politique de la culture et la liberté d'expression est toujours d'actualité, a-t-il soutenu, estimant qu'un "Etat éclairé, intelligent et soucieux de l'élévation de l'esprit, loin d'être un oppresseur, peut être un libérateur des forces de création, des forces d'imagination et du futur".
Et "s'il n'y avait pas de politiques publiques de la culture, c'est alors le marché privé et quelques monopoles privés qui imposent leur vision et goût", a-t-il averti.
A ce propos, il a préconisé une politique d'initiation de la culture et de la recherche, en particulier en cette période de crise internationale.
De son coté, M. Mohamed Benaissa, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a noté que l'organisation de ce salon sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, témoigne de l'importance accordée par le Souverain à l'action culturelle.
S'agissant de la question de la relation existant entre l'Etat et l'intelligentsia, M. Benaissa a donné un aperçu historique sur l'évolution de la relation entre l'Etat et la culture, mettant l'accent sur les enjeux du concept baptisé "projet culturel" autrement dit la politique culturelle.
Selon M. Benaissa, la mise oeuvre du "projet culturel" affecte la liberté de la pensée et de la création, par le biais de l'implication de l'Etat dans la gestion des affaires culturelles.
La mission de l'Etat consiste en la mise en place d'un cadre institutionnel pour l'épanouissement de la création, a-t-il fait remarquer, proposant de consacrer une partie des recettes de la TVA au soutien des activités culturelles.
Cette rencontre, qui a été marquée par la présence de la ministre de la Culture, Mme Touria Jabrane Kryatif, a été également animée par MM. Farouk Houssni d'Egypte, Saleh Ek Bakari de Tunisie et le célèbre Dr. Mohamed Sabila.
MAP |